vendredi 1 mai 2009


Chacahuita
Ou comment les oiseaux me font vivre

Sur le littoral de l’océan Pacifique, la côte du Oaxaca, Mexique (carte de localisation à la fin du texte), est bordée d’une longue plage (500 km) à faire rêver les millions des pays nordiques. J’y habite, j’y travaille, je m’y baigne à l’année. Le plus souvent dans une merveilleuse solitude.



I - Plage de San Agustinillo, Oaxaca, en janvier 2006
© Copyright Paul Germain 2006


Le Pacifique. D’ici, le regard franc sud se perd dans la courbure de l’horizon. Derrière lui la première terre est l’Antarctique.


II - Le Pacifique direction franc sud. Derrière l'horizon, la première terre est l'Antarctique
© Copyright Paul Germain 2006

Du jeu de la mer avec les rivières

Les nombreuses rivières qui drainent la Sierra Madre del Sur, haute chaîne de montagnes de la région, y déversent calmement en saison sèche leurs eaux douces et fraîches le matin, très chaudes l’après-midi. Elles deviennent torrentueuses et volumineuses pendant les pluies (juillet à septembre). Alors elles charrient à la mer le sable arraché au continent.

Les vagues du Pacifique sont renommées. Elles étonnent, elles fascinent, elles tuent. Elles érodent, elles rongent et mordent, elles détruisent. Mais aussi, elles jouent avec les rivières dont elles avalent les eaux douces et le sable. Avec elles, selon des règles complexes et mouvantes, au rythme des saisons, elles construisent et détruisent des barrages de sable (barres et dunes). Derrière ceux-là sont retenues pour un temps les eaux de la montagne, dans d’immenses lagunes d’eau douce ou saumâtre.

Là est le festin. Là s’éclate la vie.




III - Lagune et barre de sable à Tomatal, Oaxaca. Source: http://www.tomzap.com/

Cliquer sur les images pour les agrandir. Cliquer sur la flèche de retour en haut à gauche de l'écran pour revenir au texte.

Entre l’algue microscopique et le crocodile de cinq mètres, grouille une faune incroyable où chacun dévore avant d’être dévoré. Tout cela en symbiose avec une végétation non moins étonnante, qui culmine dans la mangrove en ces immenses palétuviers, arbres aux racines aériennes spécialisées, et aux organes reproducteurs intelligents.

Les rivières et leurs embouchures, les lagunes et les mangroves sont ici des bouillons de culture pour la vie microscopique et pour les chaînes alimentaires qui s’y édifient. Alors, c’est aussi une explosion d’oiseaux. En nombres et en variétés.

S’il n’en existait pas une autre, plus universelle et plus intime à la fois, cette faune ailée serait ma raison d’être.

Améliorer les services écotouristiques de la côte

Les oiseaux de la côte du Oaxaca sont tels qu’ils causent l’émerveillement de tous, et apportent une pure joie à tous ceux et celles qui ressentent leur lien avec la nature.

Ils me donnent mon travail quotidien, ils me font vivre comme je vis. Très bien.

Mon travail est orienté vers la réalisation d’un petit livre, guide d’identification des oiseaux de la Côte du Oaxaca. L’intention est de produire un instrument adapté aux guides locaux d’écotourisme. Ils pourront mieux identifier ces oiseaux qu’ils montrent aux visiteurs mexicains et d’autres pays. Adapté : pas trop d’espèces, beaucoup d’images, peu de mots (en espagnol exclusivement, sauf pour les noms d’espèces en quatre langues).

Parmi mes tâches : photographie des oiseaux, traitement informatique des photos, montage des pages illustrées au moyen des logiciels PhotoShop et Microsoft Publisher, rédaction des textes et mise en page. De plus, pour justifier le soutien financier apporté par un organisme international via le Réseau des milieux humides de la Côte du Oaxaca, je partage chaque semaine une sortie ou deux avec un/des guides des coopératives locales d’écotourisme afin de contribuer à leur perfectionnement en matière d’identification et d’observation des oiseaux. Cela s’avère une collaboration fructueuse pour moi aussi, grâce à leur assistance dans le dépistage des oiseaux à photographier.



IV - À l'aviron, un guide de la coopérative Servicios Ecoturisticos de Ventanilla
© Copyright Paul Germain 2008


Il n’en demeure pas moins que les visiteurs soient surtout attirés par les crocodiles de la lagune de Ventanilla. D’autres reptiles comme les iguanes verts, les iguanes à crête et d’énormes tortues d’eau douce font partie du spectacle. Je ne me prive pas de les photographier à l’occasion…



V - Jeune crocodile d'un mètre bien protégé et plein d'espoir tranquille dans la lagune de Ventanilla, Oaxaca
© Copyright Paul Germain 2009


Chacahuita

Entre l’immensité du Pacifique et le petit guide des oiseaux, j’ai évoqué le bouillonnement de la vie dans les milieux humides du littoral.

Enlevez vos chaussures, protégez-vous du soleil et des moustiques, embarquez avec Fabian et moi. Nous camperons pour deux nuits et deux jours sur la barre de sable, entre la mer qui ne cesse de fracasser et de gronder et les eaux calmes et silencieuses de la lagune. Silence souligné par les cris et les chants des oiseaux.

Nous sommes à Chacahuita. Plus exactement à Barra Tonameca, jetée de sable labile entre la mer et le rio Tonameca qui jouent ensemble le jeu évoqué plus haut. Cela, à 5 km à peine de Ventanilla où j’habite. (De fait, le site de Ventanilla n’est autre qu’une section, à l’extrême est, de l’immense lagune et mangrove alimentées par le rio Tonameca et qui s’étendent sur une douzaine de kilomètres le long de la côte.)



VI - La barre et le rio Tonameca, avec une partie de la lagune et de la mangrove qui s'étendent sur 12 km le long de la côte entre Ventanilla et Lagarto, Oaxaca
Source: http://www.tomzap.com/


La petite coopérative écotouristique du hameau de Chacahua Tonameca (Chacahuita) exerce quelques activités dans ce milieu humide, et maintient une palapa sur la barre de sable, abri rudimentaire contre le soleil et le vent. Victor est son coordonnateur, assisté par son frère Fabian. Ils m’attendaient au village. La collaboration est assurée et cordiale, l’hospitalité va de pair.

Vous suivez donc dans la barquette, chargée d’équipement et de matériel, d’eau potable et de vivres. Ou plutôt, vous admirez le coucher du soleil et le vol semi-nocturne des engoulevents qui cabriolent dans les nuages d’insectes.

Dix minutes seulement de pagaie et la rive distale est atteinte. Nous abordons à 25 mètres de la palapa. Derrière elle, des vagues immenses déferlent à moins de 100m, crachant leurs embruns jusqu’à nous. Leur tonnerre ne s’arrête jamais.

Dans la pénombre et le vent tiède et salin, ma minuscule tente sera vite montée, et tout mon bagage rangé à l’abri de la palapa. Ils y seront quatre à dormir, Fabian, Victor et deux copains pêcheurs qui nous ont rejoints. Grâce à eux et aux eaux douces et salées qui nous entourent, nous ne manquerons pas de poisson et de fruits de mer.


VII - Rendez-vous de la lune avec Vénus, à l'aube du 22 avril 2009
© Copyright Paul Germain 2009


Lever à la première lueur de l’aube, le 22 avril 2009. La lune en fin de cycle s’est levée un peu avant le soleil, et la pointe de son fin croissant touche presque Vénus. Pas pu résister à fixer sur mon Canon ce rendez-vous planétaire… illusoire.

La matinée sera consacrée à canoter dans la lagune, Fabian à la pagaie et Paul au téléobjectif.


Quelques images récoltées au cours de cette tournée.


VIII - C'est de cette barquette, Fabian à l'aviron, que les photos suivantes ont été prises ("approche à découvert")
© Copyright Paul Germain 2009



IX - Les canards (Dendrocygnes à ventre noir) y étaient abondants, près de 1000, concentrés dans une petite zone . Ils ne se laissent pas "approcher à découvert"
© Copyright Paul Germain 2009



X - Moins sauvages paraissent être ces Foulques (de la famille des gallinules) et l'Aigrette neigeuse en arrière ("approche à découvert")
© Copyright Paul Germain 2009


XI - Les 2 espèces de Gallinules, poule-d'eau et pourprée (ou Talève violacée, à droite), sont aussi craintives que belles ("approche à découvert")
© Copyright Paul Germain 2009

N’oubliez pas de cliquer sur les images pour les agrandir au besoin.


XII - Ce Jacana en plumage juvénile n'a d'autre à faire qu'à chasser dans son jardin aquatique ("approche à découvert")
© Copyright Paul Germain 2009


En après-midi, la marée est à son plus haut, et les vagues engendrées par la longue houle du Pacifique projettent des masses d’eau menaçantes à quelques mètres de la palapa et de ma tente. Tout à côté, à 20m, la dune est érodée et la mer passe par-dessus, glissant jusque dans la lagune d’eau douce. Serons-nous au sec la nuit prochaine quand la marée sera haute de nouveau ?

Les quelques précautions prises et notre optimisme nous auront sauvé du désastre.


Mieux encore: se laisser approcher


Le deuxième matin, je me lève bien avant le jour, car je me propose d’installer ma cache (photoblind pour les américains) dans la barquette, une fois amarrée sous les buissons qui bordent la lagune du côté de la terre ferme. Je m’y installerai avant que les oiseaux ne soient trop actifs, et j’y demeurerai à l’affût quatre heures, assis dans un micro-espace flottant de 0,5 m3.

Il fut impossible de prendre une photo de mon installation ce matin là. Mais pour donner une idée de ce qu’est ce photoblind (cache pour prendre des photos), je le montre ici installé dans une clairière à Ventanilla, le 7 avril 2009 (photos par Eulalio avec appareil Fuji Finepix S5200).



XIII - Cache pour photo (photoblind) de marque Kwickcamo, montée sur une structure "personnelle". On aura deviné que si l'objectif demeure visible mais discret, la main...
© Copyright Paul Germain 2009


Les photographies récoltées m’ont bien récompensé pour mon inconfort.

En fait, je ressens plus de plaisirs et de joies que de peines au cours de ces explorations stationnaires. Chaque instant est alors vécu comme une promesse d’une surprise imminente, et de fait, des découvertes passionnantes se succèdent assurément. Car la vie sauvage s’ébat encore mieux devant celui qui s’efface… et sait attendre.


XIV - La Talève violacée est un des premiers oiseaux à s'être approché de ma cache
© Copyright Paul Germain 2009


XV - Talèves violacées adulte et juvénile marchent avec leurs raquettes naturelles bien jaunes sur la végétation flottante
© Copyright Paul Germain 2009


XVI - Le Quiscale à longue queue (noir) et le Héron vert (c'est le dos qui est vert) font les sentinelles non loin de ma cache
© Copyright Paul Germain 2009


XVII - Le Grèbe minime n'est pas un canard, mais un plongeur-pêcheur expert en crevettes. L'oeil jaune ambre est remarquable sur l'image agrandie.
© Copyright Paul Germain 2009


XVIII - Ce couple de Gallinule poule-d'eau mène un vie paisible malgré les apparences
© Copyright Paul Germain 2009


XIX - Dénué de la méfiance des adultes, ce Jacana d'Amérique juvénile s'est approché à 3 mètres. L’écusson de corne doré sur le front est une caractéristique de l’espèce.
© Copyright Paul Germain 2009

Il y avait donc autour de moi, tout ce petit monde ailé qui surveillait, picorait, piaillait, criait, volait, plongeait, chantait, pêchait, chassaient, avalaient… Plusieurs observaient avec méfiance la barquette (associée à la présence humaine), mon téléobjectif forcément visible, et la cache-camouflage elle-même, élément inhabituel dans leur milieu. La plupart demeuraient à une distance prudente (plus de 10 m). Mais l’avantage de mon camouflage fût énorme en comparaison de l’approche à découvert pratiquée la veille, dans la même barquette.

Il y avait aussi quelques temps « morts ». Mon regard se portait alors au loin, d’où venait le chant tonitruant de l’océan. Ma cache se trouvait orientée, sans intention préalable, exactement vers la palapa et ma petite tente sur la barre de sable. À ma grande surprise, je pouvais observer les tonnes d’eau jaillissant du fracas des vagues sur la plage, de l’autre côté de la barre. Les gerbes explosives montaient jusqu’à une dizaine de mètres. Je me suis amusé à en capter quelques-unes au téléobjectif.


XX - En déferlant, les vagues énormes compriment beaucoup d'air sous la surface. Cet air explose en faisant jaillir d'impressionnantes gerbes d'eau. Ma petite tente fait un mètre de hauteur, et les gerbes sont à 100 m derrière…
© Copyright Paul Germain 2009

De retour au camp vers midi, je me suis baigné dans la lagune, douce et tiède comme ce creux où l’homme se sent vivre et mourir à la fois. Et les vagues de l'océan, plus que la veille passant par-dessus le cordon de sable, déferlaient dans ces eaux calmes tout près de moi. Ce fut un bonheur sensuel que de jouer dans les remous, de me mêler au jeu de l’océan et de la rivière où cette fois, c’était l’eau douce qui avalait la mer. Une inondation de fraîcheur au goût de sel. Et la lumière du soleil dans ce joyeux festin !

Je serais bien resté à la dune plusieurs jours encore… Mais Victor et Fabian m’avisèrent que la nuit suivante, il était probable que les vagues couvriraient le sable où nous campions. Pour cette raison et d’autres les concernant personnellement, il valait mieux décamper et vite.

Vous n’avez pas vu cette dernière vague ? Venue lécher le sable à 2 mètres de la palapa ! Un peu plus, et le bagage et l’équipement rassemblé pour le départ allait s’imbiber d’eau de mer…

Il est bon de partir quand les choses vont encore très bien…

¡Besos a la oaxaqueña! (muy picante)


Notes


Je remercie Tom Penick, webmestre du site www.tomzap.com , pour la permission d'utiliser trois de ses images dans cette page.

Sauf les images provenant du site tomzap, et celles montrant la cache Kwickcamo, toutes les photos ont été prises avec un appareil CANON EOS 40D (10 Mégapixels) muni d’une lentille CANON 70-300mm.

Pour ceux et celles qui ne situent pas très bien l’état du Oaxaca au Mexique, j’inclus une mini-carte copiée du site http://www.tomzap.com/ que je vous propose d’aller voir. À faire rêver… et aussi plein d’informations touristiques et techniques.

XXI - Localisation de l'état de Oaxaca dans le Mexique. Sur le site d'origine, on peut voir les cartes détaillées des encadrés en rouge.

samedi 11 avril 2009

À propos d’oiseaux…
Mon partage et votre participation



Il y a des semaines que je n’ai pris le temps de partager sur ce blogue.

J’avais promis de revenir début mars avec quelques photos d’oiseaux, puisque c’est justement mon travail avec eux qui coupe dans mes temps libres.


© 2009 Paul Germain
Il m’est aussi arrivé plein de bonnes et grandes choses, et quelques petites emmerdes, le tout me faisant déplacer (à regret) cette activité qui me plaît beaucoup.

Aujourd’hui, veille de Pâques, j’ai consacré des heures à l’élaboration d’une page pour notre livre d’identification des oiseaux de la côte du Oaxaca.

D’une pierre deux coups, je vous offre la possibilité de voir sur votre écran les images choisies pour illustrer l’une des trois espèces communes de colibris qui butinent tout autour.


Plus haut, comme invite à lire plus avant, un portrait de
l’Ariane cannelle. Cette photo ne sera pas dans le guide.
Nom espagnol : Colibri Canela;
anglais : Cinnamon Hummingbird.

Bien que certaines photos montrent des qualités esthétiques, le but est avant tout d’informer : couleurs, formes, attitudes, transformations suivant l’âge et le sexe, etc.

Vous connaissez ma difficulté d’être sobre dans l’information ! Trop, c’est comme pas assez… ou pire.

Pour l’Ariane cannelle, j’ai construit deux versions de l’illustration à publier dans le guide. La première avec 5 photos. Puis je me suis dit : c’est peut-être trop ?

© 2009 Paul Germain

N’oublie pas de cliquer sur les photos afin de les agrandir. Sinon, on voit peu de choses. Pour revenir au blogue, clique sur la flèche de retour en haut à gauche de l'écran.


J’en ai fait une deuxième avec 3 photos (dont une différente). Suffisant ?

© 2009 Paul Germain

Lequel des deux montages te semble le plus didactique, retient mieux ton attention, informe mieux, se lit mieux ? Lequel serait un meilleur outil pour l’identification de l’oiseau sur le terrain ?

Dans la colonne de droite, en haut, se trouve un bulletin de vote à cet effet. Je vous suis déjà reconnaissant de m’avoir lu jusqu’ici, et encore plus de prendre une minute pour enregistrer votre vote.

Cet exercice m’aidera aussi à choisir dans plusieurs autres cas semblables.

Salutations chaleureuses et brèves !


mercredi 28 janvier 2009

Québec-Ventanilla (Oaxaca, Mexique) 2008 – Phase 7

Un resumen en español se encuentra al fin del artículo.
Para ampliar las fotos, hace un clic sobre las imágenes.

Pour agrandir les photos, cliquer une fois sur les images


Phase 7 : Vacances à Ocotitlán,


puis dernières étapes jusqu’à Ventanilla

Ceux et celles parmi vous qui avez roulé tout le jour, toute la semaine pendant vos vacances, vous savez bien que les vraies vacances, c’est quand vous vous arrêtez. Alors vous arrivez chez vos amis vers 16h, et tout le monde a faim. Alors la table de famille est vite montée et le dîner mexicain est servi, bien épicé, relevé. C’est la fête, la fête de l’amitié. Et tout est beau autour de vous, et au-dedans de vous.


I - Après le dîner, le feu au foyer; après-midi en famille : Pablo, Karen, Cesar.
© 2009 Paul Germain

Lundi, 24 nov. (suite)
Il m’a fallu une petite heure pour rouler depuis Amecameca et ses volcans mythiques jusqu’à la petite ville de Tepoztlán, état du Morelos, à peu de distance au sud de México la mégalopole.

J’ai dû résister au charme de Tepoztlán pour ne pas dilapider le temps et l’attention que je réservais à mon séjour chez César et Karen. Ils m’avaient envoyé par Internet un plan manuscrit pour parcourir la dizaine de kilomètres entre Tepoztlán et le petit village de San Domingo Ocotitlán, situé plus au nord au pays des merveilles et des incantations spirituelles. Était-ce par ensorcellement ou pas simple cécité, je n’arrivais pas à établir un lien entre le plan et la réalité. Je m’écartais à tout moment.

Ayant déjà raconté cette histoire dans un courriel envoyé depuis Ocotitlán, je me cite afin de situer l’anecdote dans le présent contexte.

« Je me débrouillai assez bien sur les grandes routes, malgré des petites erreurs corrigées en questionnant les badauds, ou parfois la police. Mais arrivé à Tepozlán, malgré les plans et cartes, et mon espagnol bien rodé en la matière, je n’arrivais pas à distinguer la voie à suivre dans le labyrinthe de petites rues et petites routes. J’étais dans le mode essai et erreur, et cela devenait pénible, sans être éprouvant. C’est alors que, sans nécessité, mon ange se mit au travail. »


II - Mon ange, mystérieusement présent pendant tout mon voyage,
se révéla en effigie dans la chambre du studio prêté par Cesar et Karen
© 2009 Paul Germain


Le travail de l’ange
« Je venais d’entrer à nouveau dans une mauvaise rue quand un jeune homme en scooter s’arrête devant moi. Souriant sous son casque de moto, il me salue chaleureusement. Je reconnais aussitôt Pablo, le fils de Cesar et Karen. Il me dit être très pressé mais il me remit temporairement sur la bonne voie, faute de pouvoir m’accompagner chez ses parents.

La partie n’était toutefois pas gagnée. Car si on me disait qu’il fallait tourner à gauche un peu plus loin, je découvrais trois bifurcations semblables à celle qui m’était indiquée, sans qu’aucune ne paraisse être la bonne. Mais je n’eus pas à chercher longtemps. Cinq minutes après la rencontre improbable avec le fils Pablo, c’est la mère Karen qui apparaît à mes côtés, toute fringante dans son Cherokee 4x4 : Paul!!! J’ai aperçu la plaque du Québec, et je me suis dit : C’est Paul sûrement qui arrive!

Karen terminait des courses à Tepoztlán et environs. Après un moment, elle me précéda sur la route jusqu’à leur refuge, grandiose refuge, de San Domingo Ocotitlán, 10 km plus haut. Elle roulait à vive allure sur la petite route tortueuse. Tout en la suivant d’aussi près que possible, je me disais que sans elle devant moi, j’aurais cru plus d’une fois que j’étais en train de me perdre dans un bled inouï. Et ç’aurait pu arriver. Mais au contraire, nous fîmes une entrée triomphale à deux voitures dans leur petit domaine, une heure avant le coucher du soleil.

Personne de nous n’en revenait de ces convergences providentielles. D’autant qu’ils avaient lu mes péripéties antérieures…

Je suis une coquille de noix portée sur une vague mystérieuse. Elle pourrait me noyer à chaque instant mais, au contraire, elle me protège et me guide vers les lieux de mon enchantement. »




III - L'atelier de sculpture; le colimaçon menant au studio aménagé dans les combles de l'atelier
© 2009 Paul Germain

Après le repas, je m’installai pour quelques jours dans le studio aménagé en hauteur dans l’atelier de sculpture de Cesar. C’était pour moi un grand luxe, le tout confort, tout fourni, avec une belle solitude en prime. J’allais dormir et me réveiller à l’étage des oiseaux, parmi les cimes entourant la structure où se marient l’acier, le bois et le verre.


IV - Montagnes entourant la maison à Ocotitlán vers l’est et vers le sud; (à droite) …comme autant de sombres agates sur le cou velouté d'une femme…© 2009 Paul Germain

Le paysage tout autour possédait un charme très particulier. Cela venait-il des nombreux affleurements rocheux émaillant la nature comme autant de sombres agates sur le cou velouté d’une femme ? J’étais séduit.

Du mardi 25 au samedi 29 novembre
Je rentrai pour quelques jours dans ma peau de sédentaire. Tout alors acquit la double qualité paradoxale de la banalité et du fantastique. À la fois rien à raconter, et tout à dire.

Alors, je choisis la sobriété dans l’usage des mots. Je laisserai aux images le soin de dire certaines choses. Quant au reste, il peut bien s’enfoncer dans les replis brumeux de ma mémoire…

Les liens proposés ci-dessous vous amèneront à des mini-albums rassemblant quelques photos autour du même thème. On peut les visionner en diaporama (boutons en haut à gauche ou les agrandir une à une (clic), ou ensemble (boutons de droite). Utilisez le tableau de bord du diaporama pour ralentir la progression, ou pour faire une pause. Si la connexion est lente, les images peuvent prendre 2-3 secondes pour se clarifier la première fois.

Pour revenir au blogue, il suffit de cliquer sur la flèche de retour en haut à gauche de l'écran.

En famille


V - Karen au balcon et Cesar sur la propriété familiale
© 2009 Paul Germain

Pour voir les photos de cet album:
http://picasaweb.google.ca/paulgermain07/EnFamille?authkey=_e4DTCuJShw#



Art et architecture


VI - Le peintre Cesar Nunez à l'oeuvre dans son atelier
© 2009 Paul Germain


Pour voir les photos de cet album: http://picasaweb.google.ca/paulgermain07/ArtEtArchitecture?authkey=A0Zy0pc5LzM#

Intérieur


VII - Écrire au solarium le 26 novembre, entouré de montagnes verdoyantes et de fleurs
© 2009 Paul Germain


Pour voir les photos de cet album:

http://picasaweb.google.ca/paulgermain07/Interieur?authkey=z8OhbrFDJ18


Randonnée en montagne


VIII - Lichens multicolore sur une roche d'un sommet à Ocotitlán
© 2009 Paul Germain

Pour voir les photos de cet album:

http://picasaweb.google.ca/paulgermain07/LaMontagneAOcotitlan02?authkey=F7r0ncRaQBU


Faune et flore


IX - Nature et culture, prise 1: ce petit scorpion s'est associé naturellement à la céramique de ma salle de bain...
© 2009 Paul Germain


Excusez la ! C’est ma meilleure, mais c’est l’unique photo qui pourrait déplaire dans le mini-album :
http://picasaweb.google.ca/paulgermain07/FauneEtFlore?authkey=xqQGD4whz_4




Portraits


X - Nature et culture prise 2: à San Domingo Ocotitlán, autoportraits d'un naturaliste en réflexion sur l'art
© 2009 Paul Germain

Pour voir les photos de cet album:

http://picasaweb.google.ca/paulgermain07/PortraitsRealisesAOcotitlan?authkey=mCAdlAOfrLQ


Dernières étapes
Samedi le 29 novembre, je quittai le havre forestier de San Domingo Ocotitlán, et la famille Nuñez, enchanté, mais obligé. La troisième semaine de mon voyage achevait, et mon travail d’ornithologue photographe m’attendait à Ventanilla. Je ne voulais pas amorcer décembre sans avoir rejoint la coopérative de Ventanilla et mes collaborateurs.

J’avais l’impression que j’aurais pu demeurer une année dans ce lieu de tranquille beauté, et sans cette obligation (volontaire) j’aurais pu abuser de l’hospitalité et de la générosité de mes amis.

Je pris la route vers Acapulco, ville balnéaire renommée sur le Pacifique. Mais j’évitai d’y entrer en faisant un petit détour vers l’est avant de rejoindre la mer. J’atteignis l’océan au coucher du soleil, ce samedi soir. Je remarquai que Mars et Vénus étaient très proches l’une de l’autre sur le firmament étoilé, au-dessus de l’horizon encore rougeâtre.

Je pris une chambre dans un petit hôtel de la Playa Ventura (état du Guerrero), car j’étais encore à 350 kilomètres de mon but.

Cette distance fut parcourue le lendemain non sans avoir cherché à explorer quelques lieux humides et lagunes le long de la côte. Je m’arrêtai assez longuement à Barra de Navidad (état du Oaxaca) où fourmillent les oiseaux aquatiques d’une grande variété. Mon ami Don Cleto n’y était pas, et nos retrouvailles furent partie remise.

J’arrivai à Ventanilla au milieu de l’après-midi du dimanche 30 novembre.

J’y jetai l’ancre pour un an et demi. Satisfait et heureux.

¡Que les vaya bien!

Fin de la narration de mon voyage de Québec à Ventanilla.

Resumen por los amigos que hablan español
No olvide de ampliar las fotos con un clic sobre las imagenes. Para regresar al blog, clic sobre la flecha en el rincón de la pagina, arriba, izquierda.
En esta serie de artículos – originales en francés – se trata de mi viaje de Québec, Canadá, a Ventanilla, Oaxaca, México. Por eso viaje, maneje solo en mi coche un total de más que 7000 kilómetros en tres semanas.

Fase 7 : Vacaciones en Ocotitlán, pues ultimas etapas hasta Ventanilla

En la ultima fase (7), el 24 de Noviembre de 2008, partí de Amecameca en la región de los volcanes Izta y Popo, hacia Tepoztlán, Morelos, un poco al sur de D.F. Diez kilómetros al norte de Tepoztlán, hay un pequeño pueblo que se llama San Domingo Ocotitlán. Ahí viven mis amigos Cesar y Karen, con su hijo Pablo.

Si haben viajado mucho por sus vacaciones, saben que las vacaciones empiezan de verdad cuando se paran. Llegue a la casa de Cesar y Karen al fin de la tarde, e ya todos tenían hambre. Fui recibido con mucho calor y una buena cena mexicana. Estaba como una fiesta, la fiesta de la amistad. Y todo estaba muy bonito alrededor de mí, y adentro también.

Foto I – Después la cena, el fuego en el hogar; en la tarde, la familia : Pablo, Karen, Cesar.
© 2009 Paul Germain


Foto II – Mi ángel, misteriosamente presente durante todo mi viaje,
se revelo en efigie en la habitación del estudio prestado por Cesar y Karen
© 2009 Paul Germain

Por los cuatro días siguientes, me instale en el estudio que Cesar ha construido por sus amigos en la buhardilla de su taller de escultura.

Foto III – El taller de escultura; la escalera de coracol para subir al estudio en la buhardilla del estudio
© 2009 Paul Germain

Foto IV – Las montañas alrededor de la casa a Ocotitlán, hacia el este y hacia el sur
© 2009 Paul Germain

Desde Martes el 25 hasta Sábado el 29 de noviembre


Durante esos días de vacaciones, todo fue muy ordinario y extraordinario al mismo tiempo. Nada que contar, y todo que decir. Entonces, voy a dejar las imágenes decir algunas cosas. El resto se puede perder en los repliegues sombríos de mi memoria.

Los vínculos siguientes llevan a algunas fotos reunidas según las temas de cada sección. Es posible de verlas en diaporama (botón a la izquierda), o cada una ampliada (con dos clic), o ampliadas juntas con el botón a la derecha.

En familia
Para ver las fotos:
http://picasaweb.google.ca/paulgermain07/EnFamille?authkey=_e4DTCuJShw#



Arte e arquitectura
Para ver las fotos:
http://picasaweb.google.ca/paulgermain07/ArtEtArchitecture?authkey=A0Zy0pc5LzM#


Dentro de la casa
Para ver las fotos:
http://picasaweb.google.ca/paulgermain07/Interieur?authkey=z8OhbrFDJ18

Marcha en la montaña
Para ver las fotos:
http://picasaweb.google.ca/paulgermain07/LaMontagneAOcotitlan02?authkey=F7r0ncRaQBU

Fauna y flora
Para ver las fotos:
http://picasaweb.google.ca/paulgermain07/FauneEtFlore?authkey=xqQGD4whz_4

Retratos
Para ver las fotos:
http://picasaweb.google.ca/paulgermain07/PortraitsRealisesAOcotitlan?authkey=mCAdlAOfrLQ#


Llegué en Ventanilla en la tarde de Domingo el 30 de noviembre. Satisfecho y feliz.

¡Que les vaya bien!


Fin de la narración de mi viaje de Québec a Ventanilla.