mercredi 7 janvier 2009

Québec-Ventanilla (Oaxaca, Mexique) 2008 – Phase 5

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Phase 5 : Tecolutla et Orizaba,
du Golfe au sommet du Mexique

Vous arrivez de très loin. En solitaire dans la cohue des véhicules ou sur des routes désertes, pendant 12 jours vous avez roulé près de 6,000 bornes. Vous voliez parfois, tel un oiseau migrateur méconnaissable, et vous arrêtiez parmi des inconnus, chaque fois.

Et voici le charmant village de Tecolutla. Voici que des bras se tendent pour vous embrasser. Les yeux de vos amis pétillent, et leurs sourires ne ressemblent à aucun de ceux que l’on vous a faits depuis votre départ. C’est qu’ils vous attendaient, cœurs ouverts comme des fleurs d’hibiscus s’offrant au colibri. Nectar de l’amitié.

Jeudi, 20 nov.
(flashback)
Le défilé de la Révolution bloquera encore la Nationale 105 à Pimienta. Mais c’est maintenant derrière vous. Vous filez vers Tempoal, Tantoyuca, Tepezintla, Alamo, Tihuatlán et Poza Rica. Tous ces noms de lieux sont exotiques à vos oreilles. Nul doute, vous n’êtes plus au Grand Nord, ni au petit nord, mais bien au cœur du Mexique, dans l’état du Veracruz. Mais ces noms vous rappellent qu’aussi là-haut les autochtones ont marqué le territoire par les échos de leur civilisation. Kuujjuak, Manicouagan, Natashquan, Kamouraska, Rimouski …

Peu après Pimienta, aux alentours de San Sebastian sur la Nationale 127 : catastrophe. Pas pour moi, mais pour d’autres moins chanceux. Printemps-été 2008, chacun sait que le ciel vengeur a tenté un nouveau déluge mondial. Ici, en ce point infiniment petit sur le globe, la terre imbibée de pluie a glissé dans le ravin, emportant avec elle une partie de la route. J’ignore comment cela s’est passé en juin dernier, quelles possibles tragédies se sont produites alors et depuis. La route n’est toujours pas réparée après 5 mois. Éparpillées depuis le bord affaissé de la route jusqu’à 10 m plus bas, des milliers d’oranges pourrissent au soleil. Un plein camion s’est renversé là tout récemment, tellement la passe est piégée.

Quelques kilomètres plus loin, autre glissement, autre piège ouvert aux conducteurs moins précautionneux. Le Veracruz, royaume de soleil et d’eau!











I - Catastrophe pour certains, manne pour d'autres, des mois après le glissement de terrain
© 2009 Paul Germain








II - La terre a glissé dans le ravin, mais la vue s'étend sur les boutons volcaniques, cicatrices d'une époque plus tumultueuse. Vue depuis la Nationale 127, état du Veracruz, Mexique.
© 2009 Paul Germain


Vers l’heure du midi, après avoir traversé la ville de Poza Rica, j’arrivai au fameux site archéologique totonaque de El Tajín. J’étais bien curieux de voir les vestiges de cette antique civilisation, construits surtout entre 600 et 700 de notre ère. Ils furent découverts plus de mille ans plus tard par un fonctionnaire espagnol cherchant des plantations de tabac illégales… Comme si la police en quête de marijuana découvrait des trésors d’architecture et d’artéfacts sous 10 km2 de tourbe dans la plaine de Kamouraska !

Je cherchai assez longuement un endroit où planter ma tente à proximité, où je passerais la nuit à la fin de ma visite. Une fois trouvé, j’appris que la pluie approchait, venant du Golfe. Je pensai à mes amis de Tecolutla qui m’attendaient sur la côte. Je rêvai de beaux oiseaux et de hautes montagnes avec de vrais volcans qui m’attiraient pour la suite de mon voyage. J’ai pensé aussi à mon confort et à ma fatigue. Je me suis rappelé mes visites antérieures de sites archéologiques. En de tels lieux, mes émotions sont confuses. Malgré tous les plaisirs, j’ai la sensation bizarre d’être dépassé, englouti dans une masse d’informations incompréhensibles au sujet de mes semblables vivant à d’autres époques. Il me faudrait tellement de temps pour m’y sentir à l’aise, pour en saisir plus que la surface dépaysante…

Tout cela déposé dans la balance de mes affects, je décidai de continuer ma route alors que le temps était encore ensoleillé. Je n’ai pas visité les ruines de El Tajín. Je me dis: peut-être que je reviendrai demain ou après-demain, après ma visite à Tecolutla.

Tecolutla
Et voici le charmant village de Tecolutla. Son phare est un repère pour les bateaux qui sillonnent le golfe du Mexique le long de la côte du Veracruz. Ses plages attirent peu de touristes étrangers, mais des centaines de familles mexicaines pendant les vacances d’été, de fin d’année et au cours de la Semana Santa (2 semaines à Pâques).

Le soir du 20 novembre, vous receviez ce courriel que j’écrivis depuis le restaurant El Manglar muni du service Internet sans fil (je me cite librement).

Si vous consultez le livre des records Guinness, vous verrez que Tecolutla détient le record mondial pour le plus long bonbon de coco. En mars 2006, j'étais ici (par hasard) au moment du festival du coco, et j'ai vu fabriquer la chose énorme sur un assemblage de tables dans le milieu de la rue, sur plus de 200 mètres de long. J'en ai mangé... une petite partie!







III - Tecolutla, Veracruz, mars 2006. El faro. El dulce de coco más largo del mundo!
© 2009 Paul Germain


Je suis arrivé ici cet après-midi, fête de la Révolution mexicaine (1910), chez mes amis David et Myriam. J'ai été reçu avec toute la chaleur que dégagent les vrais amis. Je pense demeurer ici 24 heures, après quoi je me rendrai visiter les ruines de El Tajin à 50 km à l’ouest d'ici. Ou encore, je descendrai plus au sud pour gravir le volcan Pico de Orizaba, et mettre mes pieds dans la neige. Pour le kick! Et pour la photo aussi...
[…]

En roulant ce matin depuis Panuco, où j'ai passé la nuit, jusqu'à Poza Rica, je n'arrêtais pas de m'exclamer tout haut: Quel beau pays! Et pourtant, j'y ai déjà vécu plus de 14 mois... J'ai hâte de partager certaines photos que j'ai prises en cours de route, quand j'aurai le temps de travailler un peu mon blogue.

La
synchronicité continue de se déployer tout au long de mon chemin. Ce matin, j'étais une heure en retard pour mon rendez-vous à Tecolutla au restaurant de David et Myriam, et je voulais leur confirmer mon arrivée. Sur la route, je ne voyais pas de téléphone. Soudain, une affiche annonce un lieu d'information touristique à 250m. Le trafic très dense empêche de bien observer et dès que j'ai ma chance, après 200m je m'en extrais vers la gauche pour m'arrêter devant l'unique bâtiment visible sur la route. Malheur! Ce n'est qu'un atelier de mécanique automobile, tout crotté. Mais un vieil homme au visage buriné et noirci s'approche. À tout hasard, je lui demande:
¿Tienes el teléfono?
- ¿A donde quiere hablar?
- En Tecolutla
- Si, ¿cual es el numero?
.... Je lui montre mon cahier de notes ou figure le nom de David et son numéro car il s'apprête à le composer lui-même, son téléphone étant aussi noir de graisse qu'il était blanc à l'origine. Il regarde de plus près mon cahier et il me dit (en espagnol):
Vous connaissez David?
- Si! C'est lui qui m'attend.
- David est mon gendre, sa femme Myriam est ma fille!

Il me mit en contact avec David... qui n'en revenait pas que j'aie trouvé son beau-père à 25 km de chez lui, trois ans après ma première visite....!!!!

Et voilà comment une autre de mes erreurs m’a mis sur la meilleure piste. Le point d’information touristique était 100 m plus loin. Pas sûr que j’y aurais trouvé un téléphone ou même quelqu’un en cette morte saison.



IV - C'est la morte saison. Mais un mois plus tard, à Noël, ce sera un pic d'achalandage au restaurant de David et Myriam.
© 2009 Paul Germain


David est canadien, de Toronto. Myriam est mexicaine. El Manglar (La mangrove) est le restaurant qu’ils tiennent ici à Tecolutla depuis plus de 5 ans. David avait perdu trace de moi depuis que j'avais changé d'adresse électronique, et il me dit combien il aurait aimé venir à la Viréole en août 2007 quand il a voyagé au Québec. Mais il n’a su me retrouver.

À mon arrivée aujourd’hui, j'ai offert un petit cadeau à mes amis. David s'est exclamé: Wow! Maple Sugar! When I got the news from you that you were coming and visit us, I said to myself: Sh....ttt! I should have asked him to bring me some maple syrup! And here it comes anyway...

De bien petites choses dans cet Univers incommensurable. Mais étrangement organisées dans le secret des êtres. Tout comme le grandiose.
(Fin de la citation.)

En fin de journée, j’installai ma tente dans une allée de terre le long de la maison de David et Myriam, en plein village.

Pendant la nuit, qui était tiède et silencieuse, il se mit à pleuvoir. Pluie abondante et constante, hors du commun pour un début de saison sèche. Les gouttes jouaient du tamtam sur la toile tendue. Je me sentais bien et insouciant dans mon abri léger.

Vendredi, 21 nov.
Vous vous réveillez avant le levé du soleil, et le silence vous chuchote que la pluie a cessé. Vous vous sentez bien, au chaud dans votre sac de couchage. Votre cocon vous semble sec, vous êtes fier de votre tente. Vous la félicitez de son étanchéité. Tout est parfait.

Le silence vous suggère de vous lever et de vous ramasser, au cas où la pluie recommencerait. Et vous vous rendez compte que votre matelas gonflable est dans la flotte. Que le dessous de votre oreiller a bu toute la nuit. Que votre sac de couchage lui-même faisait semblant d’être sec : seulement à l’intérieur! Oh là là! Raison de plus de se ramasser et vite!

À peine avez-vous démonté la tente et tout placé sur le balcon de la maison que la pluie recommence. Pour toute la journée.

Décidément, El Tajín et ses ruines, pas pour ce voyage! La journée se passera avec vos amis, et à faire différentes besognes sédentaires comme le séchage de tout votre fourbi nocturne, le courriel et le traitement de vos photos de voyage (quelle accumulation!) manger et faire quelques courses ordinaires. Ah oui! Et faire quelques photos de plus : du village inondé, de ses gens pittoresques, de vos amis et des leurs. On n’arrête pas de vivre à cause de la pluie, surtout pas au pays du soleil.










V - Tecolutla sous la pluie. Solidarité familiale et légère inondation
© 2009 Paul Germain


Le jeune « Davidcito », le fils de David et Myriam, m’a offert son lit pour ma 2e nuit, bien à l’abri dans la maison. Il ira dormir chez son abuelo (papy). Attention bien appréciée.

Samedi, 22 nov.
Petit déjeuner au El Manglar. Avant de repartir, je fais quelques portraits improvisés de David et Myriam. Ils sont de beaux oiseaux. Ils m’ont confié quelques secrètes batailles comme en vivent tous les couples qui s’aiment vraiment. Aurais-je la force de lutter ainsi et par là même de croître en amour, moi qui rêve toujours d’une solitude partagée ?

VI - Ils sont de beaux oiseaux, les restaurateurs de El Manglar (clic sur l'image!)
© 2009 Paul Germain


Cap vers le sud, c’est la petite Aveo qui partagera avec moi le voyage en solo le long de la côte du Golfe. À Cardel, un peu au nord du port de Veracruz, nous bifurquerons vers le sud-ouest, en direction de la Cordillera Neovolcánica dominée par le plus haut sommet du Mexique : El Pico de Orizaba.
Nous arrivâmes, elle et moi, en fin d’après-midi dans la ville de Orizaba, au sud du volcan. Elle est ma rossinante, ma fidèle compagne de route, donnant toujours le meilleur d’elle-même jusqu’à la limite de ses forces, sans rouspéter ni se plaindre. Je lui accordai relâche pour la soirée et la nuit dans le parking congestionné de l’Hôtel Mediterraneo.

En secret, je lui préparai une dure escalade pour le lendemain matin. Je cherchai en ville toute l’information disponible sur les routes d’accès au fameux volcan dont je désirais faire l’ascension. À pied, bien sûr, mais à partir du parking le plus élevé possible.

Je rêvais. En couleurs ou noir et blanc, peu importe, je rêvais.

Dimanche, 23 nov.
Rêver d’un sommet inaccessible par les moyens du bord

Vous partez de l’hôtel un peu avant 9 heures, et vous ramenez l’odomètre à zéro. Vous faites les choses avec sérieux. Votre itinéraire est clairement établi, et vous noterez le kilométrage à chaque bifurcation, à chaque repère important. Ne pas se perdre, ne pas perdre de temps. Pouvoir se retrouver facilement en cas d’égarement. Vous savez que le terrain est souvent très différent de ce que vous imaginez à partir d’une carte, ou d’informations verbales.

C'est quand même un peu à l’aveuglette que vous vous lancez dans une expédition dont on vous a dit hier qu’elle prenait normalement deux jours. Vous, vous vous accordez 10 heures au maximum. Mais votre folie est mêlée de sagesse, et vous acceptez facilement au départ que vous reviendrez peut-être bredouille. Votre fidèle amie vous accompagne.

Si! C’est vrai que la petite Aveo semble fringante ce matin. Mais vous êtes surtout conscient de votre amie qui n’a pas de poids, qui vole à l’intérieur sans battre des ailes. Votre amie la joie.

Un peu à l’ouest de l’hôtel, la rue Madero, virer à droite et faire 2 km vers le nord. Ramener l’odomètre à zéro. Virer à droite puis à gauche toujours vers le nord sur la route de La Perla.

Soudain, au kilomètre 7, à 9h15, contre l’azur qui se découvre au-delà des premières montagnes, apparaît le cône resplendissant de neiges éternelles. El Pico de Orizaba, de son vrai nom Citlaltépetl – Montagne Étoile en langue náhuatl – est un volcan endormi qui se repose sur son record mexicain d’altitude : 5,611 m. (L’Everest fait 8,850 m (mesure de 1999), et le mont Ste-Anne – ski alpin – près de Québec… fait 806 m.)







VII - El Pico de Orizaba, Veracruz, Mexique. Première échappée en montant de Orizaba vers Xometla.
© 2009 Paul Germain









VIII - El Pico de Orizaba. 25 minutes après la photo précédente.
© 2009 Paul Germain


La route est pentue, sinueuse et dégradée. La progression est lente. Le Pic est toujours endormi, il ne vous attend pas, il vous ignore. Vous n’êtes qu’un petit parasite de rien du tout sur cette terre grandiose qui subit les piqûres de 5 milliards de bestioles semblables à vous. Mais vous ne voyez pas les choses de cette manière. Il vous semble que le Pic vous voit venir et qu’il vous défie : Hem, tu crois me monter dessus? Je suis loin, je suis haut, plus que je ne te parais. Ta bagnole se rendra-t-elle même à mon pied ? Et toi, as-tu le pied alpin ? Des crampons, tu en as ?
Ainsi fabulons-nous, ainsi se créent nos dialogues avec la nature. Ainsi prions-nous parfois. Le petit cinéma permanent qui déroule sa pellicule dans l’obscurité de notre conscience entretient nos illusions, et les histoires que nous racontons aux autres.

Préférez-vous être le fier Don Quichotte – Don Quijote – ou ce minuscule et insignifiant parasite attiré par un furoncle blanc de la croûte terrestre ?

Pour ma part, je me reconnais à l’évocation de cette bestiole quelque peu aventurière et par là, assez sympathique, tout de même.

Où en sommes-nous ? Je regarde derrière moi pour contempler le chemin parcouru en une heure. Je prends quelques photos. L’une d’elle parle ici du relief exaltant qui m’entoure. Il est 10 heures.







IX - Derrière moi, le chemin parcouru en une heure depuis la vallée de Orizaba
© 2009 Paul Germain


Une demi-heure plus tard, au km 12,5, j’arrive à l’église de Xometla. Faut dire que je m’arrête souvent et que parfois je cherche ma route parmi des bifurcations aussi anonymes qu’inattendues. C’est ça le terrain.

Je vise toujours San Miguel Piláncon, le dernier hameau au pied du volcan, au bout de cette route (il en existe beaucoup tout autour du volcan, et plusieurs sont des postes reconnus de départ avec guides et équipements alpins). Mais mon but est dans les brumes maintenant. Le volcan endormi s’est enveloppé de nuages épais comme pour protéger sa cape de neige des ardeurs du soleil. Mauvais présage ?







X – Le clocher de l'église de Xometla devant l'écran nuageux qui cache le sommet enneigé du Pico
© 2009 Paul Germain


Trois kilomètres plus loin, c’est la fin des revêtements – pavimento – de béton ou d’asphalte. L’érosion pluviale a eu libre cours. Après un autre km de négociations, ma rossinante se cabre sur les roches qui lui raclent le ventre. Je me vois obligé d’abandonner l’expédition vers le haut. Un passant me dit que je suis à 30 minutes de San Miguel, en voiture…

Vous vous y attendiez. C’est mieux comme ça. Vous et moi, nous allons maintenant faire demi-tour et redescendre. Sagement et contemplativement. C’est le cadeau du jour.






XI - Kilomètre 16,5. L'érosion ne pardonne pas. La redescente vers Xometla puis vers la vallée
© 2009 Paul Germain






XII - Il écoute plus qu'il ne regarde. Vous, vous préférez le voir à l'entendre.
© 2009 Paul Germain










XIII – À l’église de Xometla, on attend l'arrivée de la procession qui déambule plus bas
© 2009 Paul Germain

Les manifestations religieuses sont au cœur de la vie collective dans le Mexique rural. Outre les chants des femmes et des enfants, les fleurs et les bannières, et cent autres objets de dévotion, elles sont toujours accompagnées du lancement périodique de nombreuses fusées-pétards (cohetes) dont les détonations vous font sursauter. Dans la photo suivante, on peut voir le sillage de fumée blanche laissé par une fusée.








XIV - La procession arrivera bientôt. Elle s'annonce depuis le début par les détonations des fusées.
© 2009 Paul Germain


Les mexicains adorent le bruit des détonations. Pourquoi l’associent-ils étroitement à leurs manifestations religieuses ? La conquête espagnole les aurait-elle imprégnés du sentiment que pouvoir religieux et pouvoir de la poudre à canon sont une combinaison gagnante ?







XV - Autobus locaux dans l'arrière-pays pieux et montagneux d'Orizaba. Dans les parebrises : «Je suis le chemin...» ; «En toi j'ai confiance, Seigneur...»
© 2009 Paul Germain


À son tour, la religion imprègne tout. Est-ce pure piété ou avec un fin sens de l’humour que le conducteur de l’autobus ESPECIAL affiche YO SOY EL CAMINO – Je suis le chemin…(et la vérité, et la vie. Jean, 14-6) ? Le second, de la ligne Xometla – La Perla, s’affiche plus modestement : SR. EN TI CONFIO. Assez touchant, tout de même. (Photo XV.)

Enfin, il y a des églises partout, de tous les styles, de toutes les couleurs…






XVI - Église ou monastère? Sur le flanc de la montagne, au milieu des arbres, au nord-ouest de Orizaba. © 2009 Paul Germain

Je me suis bien amusé au cours de cette exploration qui s’est avérée beaucoup moins périlleuse que celle rêvée… ! En après-midi, je suis reparti vers l’ouest, en direction de la capitale, ou plus exactement de deux autres volcans parmi les plus hauts du Mexique, qui sont un peu à l’est de México. Sur la route de Puebla, capitale de l’état du même nom, je m’arrêterai pour photographier une dernière fois le Pico de Orizaba, toujours endormi, mais qui resplendit à nouveau dans le soleil d’après-midi.





XVII - Dernière vue sur le Pico de Orizaba en roulant vers Puebla, dans l'état du même nom.
© 2009 Paul Germain


J’aurai peut-être une autre occasion de gravir ce sommet ? Quand je lis et relis les pages du guide Lonely Planet sur les moyens à prendre pour réussir cette expédition, je me demande comment j’ai pu imaginer le faire sans autre préparatif que de demander à un agent de tourisme l’itinéraire vers le village le plus près de mon hôtel où je pourrais laisser ma voiture pour gravir à pied le volcan enneigé. J’avais même négligé de lire ces pages du guide… ! Pour un gars réputé organisé, c’est pas fort !


Prochainement, avant-dernier épisode :
Phase 6 : Tourisme dans la région des volcans Popo et Izta.

Dernier épisode :
Phase 7 : Vacances à Ocotitlán, puis dernières étapes jusqu’à Ventanilla


Resumen por los amigos que hablan español

En esta serie de artículos – originales en francés – se trata de mi viaje de Québec, Canadá, a Ventanilla, Oaxaca, México. Por eso viaje, maneje solo en mi coche un total de más que 7000 kilómetros en tres semanas.

En la fase 5 partí de la ciudad de Panuco en el norte de Veracruz, el 20 de Noviembre de 2008. Al inicio de la tarde, llegué en Tecolutla, un pueblo famoso en el Golfo de México. Llovió todo la noche y el día siguiente también, pues pase ese tiempo con mis amigos David y Myriam que tienen un restaurante en Tecolutla, El Manglar.

Pues, partí hacia la Cordillera Neovolcánica en la cual se encuentra el volcán y cumbre más alto del país: El Pico de Orizaba. Domingo el 23 de Noviembre, era imposible para mí de acceder con mi carro al pie del volcán. Entonces, no pude subir la montana, caminando hacia la cumbre… Estaba un sueño muy excitante, pero no me prepare bien. Regrese abajo, observando y tomando fotos. Fui un buen día ¡a pesar del fracaso inicial!

Sigue una selección de las fotos con explicaciones. Otras fotos se encuentran solamente con el texto francés por que no necesitan muchas palabras.






Foto I – © 2009 Paul Germain

Las lluvias de Junio de 2008 han llevado parte de la carretera 127 cerca de San Sebastián, en Veracruz. Ja no estaba reparada en Noviembre. Un camión se volteó en la pendiente del pavimento roto descargando miles de naranjas.

La foto II en el articuló original muestra la vista de los antiguos volcanes enfrente de la ruta 127, a donde se ocurrió el accidente.




Foto III - Tecolutla, Veracruz, marzo de 2006. El faro. El dulce de coco más largo del mundo!
© 2009 Paul Germain


El pueblo Tecolutla tiene un faro para guiar los barcos en el Golfo de México. Ja estaba yo en Tecolutla en marzo de 2006 durante el festival de coco. Aya los pueblos hacen el dulce de coco más largo del mundo, ¡más que 200 metros! Ese esta oficialmente escrito en el libro de los récordes Guinness.









Foto IV – © 2009 Paul Germain

Noviembre es una temporada muerta por el turismo. Un mes después, en la Navidad, muchas gentes van a comer al restaurante El Manglar, de mis amigos David y Myriam.





Foto V – © 2009 Paul Germain

A pesar de la temporada seca, llovió mucho cuando llegué en la costa del Golfo los 20-21 de Noviembre de 2008. Un papá lleve su familia abajo protección, mientras que una comerciante evite un charco en la calle.





Foto VI - © 2009 Paul Germain

El es de Toronto, Canadá. Ella, de México. Son un pareja bonita y buenos amigos de míos. Hace 5 años que tienen el restaurante. ¡Lo mejor del pueblo!








Foto VII - © 2009 Paul Germain

La primera vista de la cumbre, subiendo de Orizaba hacia Xometla y San Miguel, al pie del volcán. También ven la foto VIII en el articuló original.

Las fotos IX y X en el articuló original muestran paisajes atrás y adelante subiendo hacia Xometla.





Foto XI - © 2009 Paul Germain

A causa de la erosión y deterioro del camino de tierra, no fue capaz de subir más arriba que 4 kilómetros después Xometla. Regrese, bajando despacio, observando y fotografiando paisajes, gentes, animales, árboles, etc.

La foto XII en el articuló original muestra un burro ¡de montana! Con su grandes orejas escucha más que observa, pero para ti es mejor de observarlo que oírlo…



Foto XIII – A la iglesia de Xometla, hombres están esperando la llegada de la procesión, la cual esta caminando más abajo.




Foto XIV – La procesión va a llegar pronto a la iglesia. Después su inicio, esta anunciándose con cohetes muy ruidosos. En la foto, se puede ver la estela de humo de un cohete.

Las fotos XV y XVI en el articuló original muestran aspectos de la fe profunda que anima los pueblos de la región. Los autobuses locales manifiestan palabras de la Biblia. Una bonita iglesia, o monasterio, esta bien situado en el bosque, dominando el valle.








Foto XVII - © 2009 Paul Germain

Pronto después partiendo de Orizaba hacia el oeste, se encuentra uno en el estado de Puebla. Mirando por atrás, ja se puede ver el Pico de Orizaba, lo cual esta compartido en dos partes administrativos: la parte del este en el estado de Veracruz, y la oeste en Puebla. A pesar de las nubes que escondieron El Pico durante la mañana, ja estaba resplandeciendo en la tarde, a menos al lado de Puebla.

No se si tendrá otra ocasión de subir el volcán de verdad… Pero la próxima ves, voy a prepararme como se debe.

Más fotos e historias en el texto original. Gracias por su indulgencia.

Episodio próximo:
Fase 6: Turismo en la región de los volcanes Popo e Izta.



mardi 30 décembre 2008

Québec-Ventanilla (Oaxaca, Mexique) 2008 – Phase 4

Phase 4 : un cul-de-sac...
et un grand détour jusqu’à Panuco


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I - Voilier d'ibis blancs au Tamaulipas; un adulte et des juvéniles
© 2008 Paul Germain

Même sédentaires, les oiseaux – sauf exceptions – voyagent par voie aérienne. Ils sont les voyageurs par excellence. Légers et gracieux. Vous les enviez si votre cœur est resté jeune. Vous êtes toujours en voyage si votre regard les suit jusqu’aux horizons bleus ou verts. Et aussi dans les nuages empourprés de l’aube et du crépuscule.

Mercredi, 19 nov.
Onzième jour. Je me lève tôt. À 5h20 il fait encore nuit et froid (6°C). Au lever du soleil, le moucherolle phébi chante à qui mieux mieux. J’ai le goût des réserves écologiques. Je lève mon camp de chez Guadalupe dans les contreforts du ciel. Dans mon guide routier, je vise La Reserva de la biosfera Sierra del Abra-Tanchipas.

En redescendant par Gomez Farias, j’arrête au Palacio Municipal pour saluer le policier Osiel Reyes et faire les arrangements pour qu’il puisse recevoir le portrait qu’il m’a demandé de lui-même (photo dans le précédent épisode). Lorsque vous prenez ainsi contact avec votre prochain, même si les chances de vous retrouver sur la planète paraissent nulles, il est dans votre nature profonde de tenir parole, d’agir comme si votre bonheur et le sien dépendaient de la fraternité et de l’humanité de vos gestes en cet instant. Vous ressentez cette fraternité, vous n’y croyez pas.

Enthousiasmé par la réserve El Cielo, je me dirige vers la suivante, dans la Sierra del Abra-Tanchipas à peine 70 km plus au sud, dans l’état voisin de San Luís Potosi. À cause de son nom et du relief général, j’imagine une haute montagne. Je souhaite simplement la traverser par la route et la brecha qui relie (voir la carte ci-dessous) les hameaux de Celaya et Los Olímpicos à la petite ville de Tamuin, plus au sud. Je m’arrêterai à l’occasion pour faire des observations et des photos. Puis de Tamuin, je me dirigerai vers Ebano, Panuco, et Tuxpan sur la côte du Golfe… éventuellement Tecolutla.

Sur le terrain, aucune balise n’identifie mon itinéraire depuis Celaya vers la réserve. Même le hameau de Los Olímpicos situé à la limite nord de la réserve n’est pas annoncé sur la route – Étrange, j’arrive du Ciel et je cherche l’Olympe !…. Un paysan m’aide à m’y retrouver, tout en affirmant que ce n’est pas une route pour les voitures, et que je n’irai pas loin. Ce n’est pas mon intérêt de le croire. Je m’enfonce dans ce bled agraire qui longe le piedmont de la Sierra Cucharas, en négociant constamment ma place à travers les crevasses innombrables du vieux macadam. Puis le macadam cesse et la route de terre, primitive, est néanmoins beaucoup plus carrossable.



II - Itinéraire vers la réserve de la biosphère puis demi-tour et détour par Ciudad Valles et Tamuin. Cible manquée!

Plus j’avance, et plus je me demande si la réserve est en hauteur ou sur le plancher des vaches, car la route s’éloigne lentement de la Sierra. Ces montagnes ne sont d’ailleurs pas très hautes, affichant un profil très doux, en pente régulière. Un groupe d’oiseaux aquatiques prend son envol tout au bord de la route. Je m’arrête et observe une vingtaine d’ ibis blancs au bec et aux pattes rouge vif, et avec eux une grande aigrette. Je les photographie à leur nouvel envol (photo plus haut). Puis deux buses à gros bec se mettent à siffler et à voler de perchoir en perchoir. Cinq grandes cigognes, plus exactement des Tantales d’Amérique, étendent leurs ailes blanc et noir contre l’azur. J’ai l’impression d’approcher un sanctuaire d’oiseaux dans ces basses terres. Cela me semble de bon augure, et de plus en plus j’imagine la réserve comme un lieu de marécages et d’étangs fourmillant d’oiseaux fébriles, entourés d’une végétation arbustive…


III - Derrière et devant - Mais où est donc la Réserve? Et Los Olímpicos?
© 2008 Paul Germain


Puis j’arrive à un carrefour en croix sans aucune indication. Le soleil est maintenant haut car il est 10h30, et le paysage a l’allure d’un film western. J’arrête ma voiture en plein carrefour et sors faire quelques photos en attendant que quelqu’un arrive en ces lieux déserts pour m’orienter. À mon signe, un pépère arrête son auto et m’indique où se trouve Los Olímpicos, tout en m’affirmant que la route ne va pas plus loin. La réserve de la biosphère semble inconnue de tous. Il m’indique comment me rendre à Tamuin par de grands détours, tout en répétant qu’il est impossible d’y aller en passant par Los Olímpicos. Évidemment, mon intérêt m’incline à me fier à la carte plutôt qu’au gentil monsieur.

(Mais c’est le monsieur qui avait raison.)


IV - la Sierra del Abra-Tanchipas au sud-est des pâturages de l’Olympe… (Los Olímpicos)
© 2008 Paul Germain


Je traverse le hameau très bucolique de Los Olímpicos, pour arriver à un cul-de-sac au bord d’un ruisseau vert bordé de gros arbres. Un couple de Martin-pêcheurs à ventre roux y tient résidence, et une Buse à gros bec adulte joue à cache cache avec moi derrière les branches basses des acacias, tout en me défiant de son sifflement nasillard. Puis je décide de camper là pour une heure, le temps de manger un peu et de faire sécher mes sacs de couchage ramassés rapidement ce matin. Tout près, dans la chaleur lumineuse de midi, chassent deux échassiers : l’Aigrette tricolore et le Grand Héron.


V - Le cul-de-sac verdoyant de l'Olympe (!) et les martin-pêcheurs à ventre roux (note: les oiseaux ont été photographiés à Ventanilla
© 2008 Paul Germain

Mais de la réserve de la biosphère, pas le moindre indice, ni le moindre accès.

Je décide de rebrousser chemin, malgré la pénibilité de cette mauvaise route jusqu’à Celaya. De là, je me dirigerai vers Ciudad Valles, toujours dans l’état de San Luís Potosi, et je m’arrêterai dans un poste Internet afin de traiter mes courriels.

Dernière étape au Tamaulipas, je m’arrête près de Antiguo Morelos afin de faire quelques photos aux carrières de chaux et de gravier. La poussière blanche qui émane des concasseurs et des transbordeurs envahit le ciel et la forêt environnante, créant un effet surréaliste.



VI - Féérie de l'industrie de la chaux et du gravier au Tamaulipas
© 2008 Paul Germain


Plus tard, passant par Tamuin, je cherche une enseigne ou une balise informant sur la présence et la direction de la réserve de la biosphère, maintenant plus au nord. Rien. Rien non plus au sujet du village El Palmito situé dans la réserve du côté de Tamuin. Absolument rien. Dommage, car plus la réserve me paraît inconnue et oubliée, plus elle m’attire…

Je continue donc sur Ebano, dernière ville dans l’est de l’état de San Luís Potosi. Puis j’entre dans l’état voisin du Veracruz, et en fin d’après-midi, j’arrive dans la ville de Panuco, où je m’arrête à l’hôtel San Javier. L’établissement est vieillot, très simple, spacieux, très propre et pas cher du tout (13 $CAN, avec salle de bain privée).

La ville est extrêmement bruyante, et ma chambre reçoit tout ce bruit, même à l’heure tardive où je dois absolument me coucher. Contraste avec la montagne… Mais c’est tolérable. Simple question de disposition intérieure. Votre âme est en paix. Votre cœur est rempli de joie.


Jeudi, 20 nov.
Dès les 7 heures, je sors de l’hôtel pour explorer le petit parc voisin, qui borde aussi la rivière, Río Panuco. C’est ici un site historique. Les remparts qui longent la rivière, sont parsemés de lourdes pièces d’artillerie pointant vers l’autre rive. Le Río n’a rien du Grand Fleuve, mais la mise en scène touristique vous fait penser aux remparts de Québec avec ses noirs canons frappés d’un éternel mutisme !

Cependant, tout ici se prête à plus de douceur. Vous cédez à l’enjôlement des lumières matinales qui glissent sur l’eau, les rochers, les murs et les formes évocatrices des sirènes. Vous vous sentez caressé par tout ce qui vient en contact avec vos sens. Vous ne ressentez aucun besoin de splendeur et de majesté. Votre joie est simple et naïve.



VII - Muets symboles de rêves humains planant sur le Río Panuco - Panuco, Veracruz
© 2008 Paul Germain


Vous pourriez passer là toute la journée, à regarder simplement les mouvements de l’eau et des ombres, des oiseaux et des passants, des fleurs dans la brise. Vous vous amuseriez de tous les artifices et couleurs dont les notables de la ville ont cru devoir parer les monuments, les grilles, les édifices et autres structures à la mémoire d’un passé présenté comme glorieux bien que violent et abusif. Et à travers ça, le façonnement d’une civilisation…

Mais votre priorité est ailleurs. Après une vingtaine de minutes, vous sautez sur votre brave rossinante, et prenez le galop vers votre destin personnel.

La région entre Panuco et la grande ville côtière de Tampico semble un vaste marécage de 40 km de large. Elle est sillonnée de cours d’eau et parsemée de lagunes, et les oiseaux aquatiques de toutes espèces sont par milliers occupant toutes les niches possibles, pour se nourrir, se quereller et se reposer. Au printemps peut-être feront-ils l’amour. Ils n’y pensent pas. Ce sera bientôt l’hiver. Un hiver de soleil, d’eaux tièdes et de crevettes savoureuses.













VIII - Panuco, pays de soleil et d'eau, de verdure et d'oiseaux. Aussi terroir agraire et de la Vraie Croix © 2008 Paul Germain

C’est le Veracruz. Le nom signifie la Vraie Croix. What’s in a name? Je m’en fous, à tort ou à raison. Ce que je vois me suffit. Le pays regorge de soleil et d’eau, et donc de verdure et d’oiseaux. Il vous semble que vous parcourez le pays le plus riche du monde. Vous vous sentez vous-même le plus riche. Sans rien posséder.

Je file à travers des routes sinueuses et collinaires vers la ville de Poza Rica, où j’espère visiter demain les ruines totonaques de El Tajín. Mille ans de civilisation au premier millénaire… (circa 200 ap. J.-C. – 1,200).

En cours de route, la nationale est bloquée. Profitant de quelques avancées hésitantes, je me faufile jusqu’au devant de la file de véhicules en attente. Tout devient clair. C’est le 20 novembre, fête de la Révolution mexicaine (1910 – ne pas confondre avec l’Indépendance mexicaine, 1821). Au milieu de la route, des manifestations populaires appuyées par la police et les autorités politiques : on marche à la militaire, on tambourine, mais aussi, on s’arrête, on rit, on danse au rythme de musiques plus ou moins improvisées. Ce sont surtout des jeunes écoliers. C’est vraiment une manière de prendre possession du pays en disant aux voyageurs et commerçants : La route et tout ce qui la borde nous appartiennent, voyez comme nous sommes beaux et vivants, prenez patience si cela ne vous plaît pas!

C’est du moins l’histoire que je me suis racontée. Et cela m’a plu.

Prochain épisode :
Phase 5 : Tecolutla et Orizaba, du Golfe au sommet du Mexique



Resumen por los amigos que hablan español

En este artículo – original en francés – se trata de la fase 4 de mi viaje de Québec, Canadá, a Ventanilla, Oaxaca, México. Por eso viaje, maneje solo en mi coche un total de más que 7000 kilómetros en tres semanas.

En la fase 4 partí de la reserva de la biosfera El Cielo en Tamaulipas, miércoles el 19 de Noviembre de 2008. Llegué en Panuco, Veracruz al fin del día. En la mañana del jueves 20 de noviembre, partí hacia la costa del Golfo, después haber hecho unas fotos en el parque histórico sobre el Rió Panuco.

Abajo se ve una selección de las fotos con explicaciones. Otras fotos se encuentran solamente con el texto francés por lo que no necesitan más palabras.

Para ampliar las fotos, hace un clic sobre las imágenes.






Imagen - II -
No pude acceder a la reserva de la biosfera Sierra del Abra-Tanchipas en el estado de San Luís Potosí, a cosa que la carretera se pareció terminar en Los Olímpicos. Pues, tenia que regresar a Celaya et dar un gran rodeo por Antiguo Morelos, Ciudad Valles y Tamuín.

Las dos fotos siguientes muestran la dificultad de orientarse en la región de Celaya a Los Olímpicos, y la tercera, la belleza del paisaje en Los Olímpicos.








Imagen -III -










Imagen -IV -







Imagen - V -
Arriba se puede ver el río verde que encontré al fin de la carretera en Los Olímpicos, y un Martín-pescador Collarejo como los dos que estaban casando en el río.






Imagen - VI -
Cerca de Antiguo Morelos, hay una gran planta de calcáreo y de pedregullo que produce mucho polvo blanco. Los árboles en el alrededor de la planta son casi blancos. Se ve mi coche en la foto izquierda.







Imagen - VII -
En Panuco, Veracruz, hay un parque en la orilla del Río Panuco, a 30 metros del Hotel San Javier donde había pasado la noche. Se ve una batería de cañones, y dos sirenas muy elegantes.

Más fotos e historias en el texto original. Gracias por su indulgencia.

Episodio proximo:
Fase 5 : Tecolutla y Orizaba, desde el Golfo hacia la cumbre de México


mardi 23 décembre 2008

Québec-Ventanilla (Oaxaca, Mexique) 2008 – Phase 3

Phase 3 : trois fois la frontière et puis...
... El Cielo!

J’ai raconté l’aventure de la frontière dans un courriel collectif envoyé le dimanche 16 novembre. Je reprends ici le texte avec quelques mises à jour. J’omets l’épisode de la connexion Internet qui n’a pas marché: trop de mots et pas d’images. En effet, je n’ai pris aucune photo entre mon départ du Falcon Lake State Park et mon départ de San Fernando (Mexique) deux jours plus tard.

PHOTOS: la plupart peuvent être agrandies en cliquant une fois sur l'image.
FOTOS: la mayoria de las fotos se puede ampliar con uno clic en la imagen.
PHOTOS: most of them can be enlarged by clicking once on the image.

(Je cite mon courriel du 16 novembre.)
Huitième jour de mon voyage. Et je viens tout juste d’entrer au Mexique, légalement.

Car hier, 15 novembre, je suis entré illégalement, par erreur. Ce fut le début de 24 heures de déplaisirs. Il en faut bien, paraît-il, pour continuer à savourer les vrais plaisirs.

Mais le tout est passé. Je viens de m’installer confortablement, et pour la première fois, dans un petit hôtel, dans la petite ville de San Fernando, état du Tamaulipas, Mexique. Ainsi je puis écrire et correspondre grâce à tous les services fournis avec la chambre, dont le WIFI (Internet sans fil). Et ça marche très bien.



I - Corridor et jardin à l'Hôtel La Herradura (Le Fer à Cheval) à San Fernando, Tamaulipas
© 2008 Paul Germain


Donc hier, en partant du camping du Lake Falcon State Park au Texas (où j’ai fait une bonne randonnée ornithologique), je me suis dirigé en vitesse jusqu’à Brownsville pour passer la frontière mexicaine à Matamoros, Tamaulipas.

J’ai dû subir un choc culturel à mon insu, car j’ai multiplié les erreurs. Le choc fut sans doute causé par l’énorme différence entre les signalisations mexicaine et américaine.

Ma première erreur fut de ne pas savoir décoder les instructions (peu explicites) en passant les douanes mexicaines. Je vous fais grâce des détails et explications. Je me suis retrouvé dans le flot des voitures qui passent sans contrôle pour une visite de courte durée à Matamoros. (Ces voitures ne peuvent aller loin, et elles seront fouillées à leur rentrée aux USA.). Puis me voilà lâché dans la circulation très dense de la ville, sans les permis et autorisations nécessaires pour mon séjour prolongé. J’y ai de plus complètement perdu ma route.

Hablando espanol je me suis enfin retrouvé sur la route de Ciudad Victoria, la bonne direction pour suivre mon itinéraire approximatif (je n’ai pas de plan précis pour le Mexique, comme j’en avais pour les USA). Je me réjouissais d’être enfin au Mexique, mais j’avais une inquiétude concernant mon passage à la sauvette de la frontière. Je me disais que j’allais régulariser tout cela bientôt dans un poste douanier, en expliquant mon erreur de Matamoros. Le soleil allait se coucher dans une heure, et j’étais pressé de trouver un endroit ou dormir en sécurité.

Justement! Mais non, pas une auberge, mais un contrôle douanier devant moi, une vingtaine de Kms après la frontière. Stop.

Le douanier : El permiso por el vehiculo? – Euh… je lui présente mes papiers du Québec… mais ça ne passe pas. Et ça devient sérieux. Il m’explique qu’il fallait absolument obtenir le permis d’importation temporaire du véhicule à la frontière, à Matamoros. Aucun autre recours que d’y retourner. Mmmm…!

Demi-tour. Comme la nuit va tomber bien vite, je décide de rentrer passer la nuit au Texas, dans un camping de Brownsville dont j’ai toutes les coordonnées.

Si traverser au Mexique est trop facile, revenir aux USA est autre chose. Tous les véhicules sont inspectés. Donc, ce samedi soir, j’ai fait la queue, pare choc à pare choc pendant deux heures avant de me faire fouiller (gentiment, il faut dire).

Ensuite, mon ange gardien (hem…) m’a conduit en pleine nuit jusqu’au camping dont la réception était fermée. Mais l’ange m’a fait trouver la gérante qui m’a accueilli. J’ai planté ma tente dans l’herbe, chauffé mon repas et mangé tandis que la température chutait anormalement. Alors que deux jours auparavant, il faisait 30 degrés (15 la nuit), cette nuit là (hier) il a fait 6 degrés seulement. Je n’ai pas eu froid, car… je me suis emmitouflé dans mes deux sacs de couchages, le tropical fourré dans le nordique!
[…]

Ce matin, 16 novembre, avant de partir de Brownsville, j’avais plusieurs choses à faire et régler, ce qui m’a pris la matinée.

Je retraversai la frontière au milieu de l’après-midi. Tout s’est bien passé pour le permis d’importation temporaire du véhicule, en une heure à peine (!). Alors, j’ai allumé toutes mes bougies, et j’ai traversé la ville de Matamoros comme un habitué.

Roulant maintenant tout à fait relax en direction sud, je me retrouvai au poste douanier du Km 20 à la même heure exactement que le jour précédant.

L’agent de douane qui m’avait refoulé hier m’a reconnu, et voyant l’autocollant officiel dans mon pare-brise, il m’a félicité. Ils sont vraiment gentils les mexicains. Vraiment, c’est pas une farce. Je les aime bien.

Notez que je pourrais interpréter ses félicitations comme s’il s’était payé ma gueule. On peut toujours assombrir sa propre existence. Mais encore, il aurait raison de rire de moi, et je pourrais bien rire avec lui. J’avais quand même fait une grosse bêtise, et plus d’une petite…!!

Une trentaine de kilomètres plus loin, j’arrivai dans la petite ville de San Fernando. La police locale m’a recommandé le petit hôtel (photo plus haut) où je vais passer la première nuit mexicaine de ce voyage. (Fin de la citation adaptée).

Lundi, 17 nov.
La montée au Ciel… un peu difficile!
Petite journée de moins de 300 Kms, mais bien pourvue en situations imprévues.

Faut dire que j’avais eu la chance de trouver dans mes premières minutes à Matamoros ce que j’avais cherché en vain à Québec : un album de cartes routières du Mexique. Arrêté dans la première station d’essence, je demandai pour une bonne carte routière détaillée. L’employé me dit qu’il n’en avait pas. Mais juste derrière lui, j’aperçu deux albums rouges présentant tous les signes recherchés. J’inspectai : il s’agissait bien du guide routier complet du Mexique en 40 cartes assez bien détaillées. J’achetai immédiatement l’outil rêvé.

Grâce à lui, je pouvais dorénavant me tracer un plan précis de voyage, choisir les endroits à visiter, les routes qui me convenaient le plus. Et grâce à lui, je me faisais de fausses idées sur le terrain que j’allais rencontrer, et j'allais chercher en vain des petites routes qui n’existaient pas!!

J’avais d’abord décidé de suivre le littoral du Golfe du Mexique. J’étais attiré par les oiseaux aquatiques. Mais à la réflexion, puisque j’allais vivre plus d’un an avec les oiseaux aquatiques, et quasi comme eux, j’optai pour l’intérieur, pour la montagne et sa diversité scénique et biologique extraordinaire.




Planche 23 de mon guide rouge (Guia Roji Mexico) : un gros massif de montagnes d’environ 1,500 Kms carrés est bordé d’un large trait vert. Je lis : Reserva de la Biosfera El Cielo. C’est à moins de 300 km de San Fernando. Entre là et là, la grande ville de Ciudad Victoria, que je pourrai contourner par le périphérique.



II– La Reserva de la Biosfera El Cielo, le village de Gómez Farias et le hameau inaccessible (?) de San José.
La carte montre deux villages au sommet du massif, dont San José auquel une petite route accède autant par l’est que par l’ouest. Et ce n’est pas loin de ma route principale (en rouge, la 85). Je me propose donc d’y aller passer la nuit, puis au moins toute la matinée suivante.

Le voyage se déroule comme prévu jusqu’à Guayalejo (en haut à droite sur la carte), où j’arrête un moment pour prendre des photos de la superbe rivière qu’enjambe la route (Rio Guayalejo). Dans une dérive de grandes crues, un automobiliste lave sa voiture garée dans le lit de la rivière. Environnementalistes : détournez votre regard !!





III - El Rio Guyalejo, vue de la route 85 à Guayalejo.
© 2008 Paul Germain



IV - Bain de voiture dans le lit de la rivière Guayalejo.
© 2008 Paul Germain

Puis approchant l’endroit où devrait se trouver le chemin de San José, je porte toute mon attention à la moindre sortie à droite, ainsi qu’au balises et panneaux. Je ne trouve pas. Je me renseigne. Des gens qui se disent familiers avec la région m’assurent que le seul moyen d’atteindre le Ciel (!), c’est par le village de Gomez Farias, un peu plus au sud et à droite. C’est tout de même consistant avec les panneaux routiers…



V - Être si près du Ciel, et ne pas savoir s'y rendre!!!
© 2008 Paul Germain

Vers les 16h j’arrive à Gómez Farias, dans les contreforts de la Sierra Madre Oriental. Tout m’apparaît ici organisé pour rendre le touriste le plus dépendant possible des services offerts : véhicules 4x4, guides, hôtels…etc. C’est pourtant un tout petit village où les informations touristiques, du moins en cette morte saison, sont à tirer au compte-goutte d’un gentil bonhomme qu’on a été chercher au fond de son garage. Il me dit d’abord qu’il est impossible pour mon véhicule de continuer la route vers la montagne, à cause des pierres du chemin. Je lui montre San José sur la carte, situé près du sommet des montagnes (2,320 m) et relié à la route 85 par un chemin carrossable en terre. C’est par là que j’avais l’intention d’arriver au Ciel mais je n’ai pas trouvé l’accès. Il n’existe peut-être pas. L’homme ne peut pas lire la carte. Pas question de rebrousser chemin.



VI - Porte de bienvenue à Gomez Farias El Cielo et détail du panneau
© 2008 Paul Germain


L’homme finit par me dire, en jaugeant de loin ma voiture, que je peux me rendre au hameau de Alta Cima, en montant une douzaine de km, mais pas plus loin.

Je reprends donc la route qui se transforme en une piste pierreuse, dégradée par l’érosion. À pas de tortue je fais là environ 2 km, jusqu’au chantier de construction de la future station écotouristique de la réserve. Quelque 200m plus loin, la piste devient si mauvaise que je me vois contraint de renoncer. Je crains de briser ma voiture, ou encore d’arriver à une passe impossible à traverser. À cette lenteur, je n’arriverais même pas avant la nuit!


VII - La route du Ciel: à gauche, comme une voie romaine, mais ça roule; à droite, la montée devient impossible pour une voiture ordinaire. © 2008 Paul Germain

Environ 150 m en aval du chantier, j’avais aperçu une modeste maison avec une pelouse. Je m’étais alors dit que ce serait un bon endroit pour planter ma tente, avec l’accord de l’habitant. J’y retourne donc, assez confiant. Je trouve le propriétaire et j’obtiens la permission avec toute la bienveillance possible.

Je plante là ma tente, tout au bord de la piste, quand une camionnette s’arrête. Un jeune homme très loquace en sort pour me parler. Il me propose ses services de guide, et toutes sortes de choses, et dans son enthousiasme, il me semble plutôt opportuniste et vorace, ne visant que « mon » argent. Il me demande 300 pesos pour me guider, sans savoir que je m’intéresse particulièrement aux oiseaux. Il finit par me le demander, et je lui révèle ma passion pour les oiseaux. Son enthousiasme fait un bond de plus, et nous nous entendons pour que je le cherche demain matin quand j’arriverai à Alta Cima, où il habite. Je ne lui promets rien, seulement que j’ai l’intention de marcher de mon camp de base jusqu’à Alta Cima, puis de demander pour lui. Après, nous verrons ce qui pourrait se faire.

À 18h, le soleil est déjà couché (mais ici, il n’y a jamais de coucher de soleil, car la haute montagne couvre tout l’horizon ouest), et l’air refroidit beaucoup, il fait déjà 12 degrés. Souper et dodo. Je me couche à peine passé 20 heures, et il fait 8 degrés.

Mardi, 18 nov.
J’ai bien dormi dans mon cocon fait de deux sacs de couchage. Je me lève à 6h40, après la nuit la plus longue et la plus silencieuse que je n’ai pas vécue depuis des lunes. Il ne fait que 6 ou 7 degrés, et une froide rosée perle ou dégouline partout. Déjeuner, bagages, mise en sécurité, mise à l’ombre, et préparatifs pour ma longue marche.

Il est déjà 9 heures et le soleil tape alors que je me mets en marche pour Alta Cima, et peut-être San José… L’inconnu devant moi.

La route est si dégradée que je me félicite d’avoir eu la prudence de ne pas continuer en voiture. Je marche pendant une heure et demi, cherchant les oiseaux et les papillons dans cette réserve de la biosphère. La faune ornithologique me paraît assez pauvre, et je compare cela à ma propre érablière… Est-ce la réalité, ou l’heure du jour, ou mon incompétence, ou la chaleur du soleil qui tape malgré la fraîcheur de l’air en altitude?



VIII - Deux des papillons photographiés en grimpant El Cielo. Celui de droite est connu sous le nom de Anna's Eighty-Eight.
© 2008 Paul Germain

Un seul véhicule depuis le matin : il descend sûrement de Alta Cima vers Gomez. Je me demande jusqu’où je pourrai me rendre ainsi avec mon pas très lent. J’entends venir un autre véhicule. Cette fois, il monte. C’est une camionnette blanche, 4x4, dont la cabine est chapeautée d’un jeu de phares giratoires bleus, blancs, et rouges. La police locale… Je l’arrête pour demander de monter dans la boîte. L’agent me dit : ¡Sube! Je m’asseois sur la structure de métal et pour près de 40 minutes, mes fesses, mon équipement et tout mon corps subissent un barattage assez violent tandis que le 4x4 grimpe lentement la montagne sur les cailloux.

Le policier est accompagné d’une femme dont le physique me rappelle les femmes du Veracruz. Quand nous nous arrêtons, c’est devant la petite école primaire de Alta Cima, car la femme en est la maîtresse responsable. Elle doit aussi être la maîtresse du policier, car, en aparte, il m’en parle brièvement comme étant très chaude. Il ajoute que si je voulais… Je décline la proposition, déclarant que je suis venu ici pour des oiseaux plus légers…




IX - Le policier qui m'a fait monter... néanmoins charmant
© 2008 Paul Germain

Néanmoins, ces deux personnes sont vraiment charmantes à mon endroit.

Je leur demande s’ils savent où trouver Esteban, le guide que je devais rencontrer en ce lieu d’altitude qui s’annonce comme El corazon del Cielo (le cœur du Ciel). Le policier n’en sait rien, mais la maîtresse (d’école) m’envoye à sa maison avec un de ses bambins pour m’y guider. Esteban était bien là, tout heureux que j’arrive au rendez-vous.



X - Panneau indicateur à Alta Cima, El corazon del Cielo – Le coeur du Ciel
© 2008 Paul Germain


Nous discutons à propos de ce qui conviendrait le mieux pour voir des oiseaux et retourner à mon camp avant la fin du jour. Il m’apprend qu’il existe une deuxième route pour redescendre à Gomez, que c’est là le meilleur sentier pour voir une variété d’oiseaux, qu’il est devenu impraticable en voiture à cause de l’érosion, et qu’il est deux fois plus court (environ 6 kms) et donc, abrupte. Par là nous pourrions nous rendre directement à ma voiture. L’affaire paraît bonne. Mais je me méfie encore de lui comme guide pour les oiseaux, je doute de sa compétence.

Reste à en fixer le prix. De 300 pesos demandés la veille, il diminue à 200 quand je lui fais penser au salaire journalier de ses voisins travailleurs au chantier de construction. Je lui offre 150 pesos, qu’il accepte après une légère hésitation. Es mejor que quedar aquí y hacer nada, lui dis-je. Je compte sur la saison morte… Il accepte et me demande une dizaine de minutes pour se préparer. Je m’amusai pendant ce temps à photographier le hameau et les enfants d’école, et la maîtresse aussi…



XI - À l'école primaire de Alta Cima
© 2008 Paul Germain

Nous partons enfin tous les deux, bien équipés. Dès les premières minutes, je suis très surpris et rassuré. L’homme de 31 ans s’avère d’une compétence professionnelle, avec un équipement moderne (détails et photo plus loin) pour faire chanter et approcher les oiseaux de toutes espèces, en plus de son habileté personnelle à en imiter les cris et les chants, et à faire toutes sortes de bruits pour les exciter et les attirer. Il connaît tous les noms anglais des oiseaux du Tamaulipas, bien que j’aie du mal à comprendre son accent. Il ne parle toutefois que l’espagnol, et quand il baragouine en anglais, je l’invite à me faciliter les choses en parlant sa langue maternelle. Vous vous sentez très vite à l’aise et même en amitié avec ce garçon passionné des oiseaux, et très compétent. Il vous est aussi très attentif, et d’un savoir vivre remarquable.



XII - Esteban Berrones Benítes, guide ornithologue à la Reserva de la Biosfera El Cielo, Tamaulipas, Mexique; un excellent guide!

Si la faune ornithologique m’avait paru assez pauvre ce matin, avec lui, tous les trésors ailés semblent se révéler comme par magie. Tous ses sens sont très éveillés. Aucun son ni aucune plume ne lui échappe. C’est passionnant et très dense comme expérience ornithologique.

Néanmoins, en descendant cette piste abrupte et caillouteuse, je dois aussi prêter beaucoup d’attention à mes pas pour ne pas rouler et tomber, ou me faire une entorse.

Mon ange a de nouveau bien travaillé
Et puis, chemin faisant, je me laisse aussi aller à quelques réflexions, notamment sur la séquence d’événements imprévus qui m’ont mené à cette randonnée ornithologique hors du commun.

D’abord, il y a deux jours, mon plan était plutôt d’explorer la côte du Golfe du Mexique en descendant vers le Veracruz. Mais la Sierra – chaîne de montagnes – m’a paru soudain plus invitante, plus riche en découvertes. Et ce n’est qu’à mon départ de San Fernando sur la route 101 allant vers Ciudad Victoria que je décidai d’y rester plutôt que de prendre la 180 vers la côte et la ville de Tampico. Pourtant le guide Lonely Planet ne dit absolument rien de la réserve El Cielo, ni de l’état du Tamaulipas – pas même mentionné. Mais les mots Reserva de la Biosfera sur mes cartes routières aiguisent mon appétit de naturaliste. Sans mon guide rouge acheté par chance à Matamoros, qui sait quelle aurait été ma route?

J’ai raconté plus haut comment, alors que je tentais d’approcher de la réserve, je me suis retrouvé à Gomez Farias, un peu malgré moi. Puis comment j’ai dû planter ma tente un peu plus loin, faute de pouvoir conduire ma voiture au sommet du Cielo. Enfin, comment le guide Esteban, descendu du Ciel, m’a alors repéré au passage alors qu’il y remontait en transport collectif. D’où le rendez-vous de ce matin, lequel cependant ne se serait pas matérialisé sans que le policier reconduise tardivement la maîtresse à la petite école de Alta Cima…

J’ai été comblé par la randonnée ornithologique de 4 heures, et par la compétence et la personnalité du guide. Je lui ai acheté son CD de chants des oiseaux les plus recherchés de la réserve El Cielo. Et puis… j’ai oublié mon marchandage et je lui ai donné les 200 pesos qu’il avait bien mérités.

La journée fut merveilleuse. Je garderai un souvenir mémorable de cette étape dans la Sierra Madre Oriental, en route vers la Sierra Madre del Sur.

Quelques détails techniques de l’excursion


Esteban était équipé d’un i-pod minuscule sur lequel il avait enregistré les chants et cris de plus de 700 espèces d’oiseaux.











XIII - Esteban fait jouer un chant d'oiseau pour faire se manifester un individu de même espèce.

© 2008 Paul Germain

À tout moment, le long de la piste qu’il connaissait comme le fond de sa poche, l’ayant explorée depuis 5 ans comme guide expert de la réserve, il sortait son petit machin qu’il connectait à un double haut-parleur stéréo très compact mais efficace pour cette fonction. Puis il sélectionnait dans le répertoire le nom de l’espèce voulue, et le chant enregistré était lancé dans l’air frais de la forêt. Presque toujours, l’oiseau recherché répondait, et le plus souvent, il s’approchait de sorte qu’on pouvait bien le voir. J’ai ainsi pu découvrir beaucoup d’espèces nouvelles pour moi, et de coloris fascinants. Mon guide lui-même n’avait de cesse de lancer des oh! et des wow! tellement ces oiseaux se présentaient bien. Et moi, j’appréciais son enthousiasme autant que sa compétence.

Voici la liste des oiseaux que nous avons observés (35+ espèces, dont 21 nouvelles* pour moi) :

Ara militaire*
Batara rayé*
Buse grise
Cardinal à collier*
Chevêchette cabouré*
Colin chanteur*
Colombe de Verreaux
Colombe inca
Crécerelle américaine
Faucon des chauves-souris*
Geai vert*
Grimpard à bec ivoire
Grimpard fauvette*
Grimpard moucheté*
Grive à tête noire*
Ortalide chacamel*
Paruline à calotte noire
Paruline à couronne dorée*
Paruline à croissant
Paruline à croupion jaune
Paruline à gorge noire
Paruline à sourcils dorés*
Phébi de l’est
Pic à ailes bronzées* (endémique au Tamaulipas)
Roitelet à couronne rubis
Solitaire à dos brun*
Sourciroux mélodieux*
Troglodyte à poitrine tachetée*
Troglodyte domestique
Trogon montagnard* (voir la photo ci-dessous)
Tyran de Couch*
Tyran olivâtre *
Urubu à tête rouge
Viréo à tête bleue
Viréo aux yeux blancs*


Fin d’après-midi, retour à mon camp de base. J’y dormirai une seconde nuit, afin de partir tôt le matin suivant. Je vise une deuxième réserve de la Biosphère, un peu plus au sud, avant de me diriger vers la côte du Golfe.



XIV - Tienda de artesanias, Gomez Farias - Trogons montagnards
© 2008 Paul Germain


Un couple de Trogons montagnards s’est brièvement montré à Esteban et moi dans les cimes de la forêt. Je n’ai pu les photographier en nature. Mais un artiste a peint ces oiseaux sur le mur d’une boutique au village.

Prochain épisode :
Phase 4 : un cul-de-sac et un grand détour jusqu’à Panuco, état du Veracruz